Inspirations

Les 6 artistes africains avant-gardistes à suivre en 2021

L'art contemporain africain a connu un récent boom ces dix dernières années, menant à la création de nombreux lieux d'expositions, de foires internationales, et de musées sur le continent. Cette dernière décennie s'est aussi traduire par l'envol de la côte des artistes contemporains africains dans les ventes internationales : l'artiste et sculptrice kenyane Wangechi Mutu, le peinture congolais Chéri Samba, le photographe marocain Hassan Hajjaj, ... Tous sont aujourd'hui des noms très prisés des maisons de ventes et des galeries d'art internationales.

 

Mais ces trois dernières années, une nouvelle vague d'artistes avant-gardistes africain.e.s a aussi vu le jour. Nés dans les années 90, Ils incarnent cette jeunesse en mutation sur le continent, qui s'est appropriée différentes techniques artistiques, utilisant les nouvelles technologies (art 3D, digital painting, vidéos ...). Ils ont su s'imposer ainsi comme les pionniers d'un art d'un nouveau genre.
Aujourd'hui, nombre d'entres eux, notamment au Ghana, misent sur les NFT (crypto-monnaie utilisée pour l'achat d'art virtuel) pour accroître la notoriété de l'art africain sur la scène internationale, tandis que d'autres se définissent comme les "photographes de l'iphone".

 

Si beaucoup d'artistes africains choisissent d'utiliser leur art pour dénoncer les injustices qui surviennent dans leurs pays, eux se sont donnés pour mission de faire rayonner la richesse et la beauté de l'Afrique, de ses cultures et ses paysages. L'art devient un moyen pour eux de revaloriser des cultures souvent mal perçues dans le reste du monde.
On vous fait découvrir aujourd'hui 6 artistes de cette nouvelle vague, qui nous ont particulièrement marqué.

 

Ebuka Michael, le "photographe de l'Iphone" (Nigéria)

 

 

Né au Nigeria en 2000, Ebuka Michael étudie la photographie et le graphisme à l'université de Lagos. Fortement inspiré par son environnement grouillant d'énergie et d'intensité, à Lagos, il s'exprime à travers la photographie pour capturer des scènes de vie chargées de joie, aux tonalités très vives. Amoureux de la couleur, Ebuka affirme être très inspiré par les univers de photographes tels que Prince Jyesi ou Danny Wonders.
Ebuka Michael se définit comme "un photographe de l'iphone", "cet outil me permet de raconter les histoires qui me marquent et que j'observe à Lagos où il se passe sans cesse un événement à capturer dans l'immédiateté. Je ne pourrai pas réaliser de tels récits au moyen d'un appareil photo », raconte-t-il.

 

 

 

Derrick Ofosu Boateng, le photographe "feel good" (Ghana)

 

 

 

Derrick est un photographe ghanéen basé à Accra, faisant de la couleur son terrain de jeu artistique.
Fan incontesté de photographie, de football, et de musique, Derrick capturant des scènes du quotidien et des personnes débordantes d'énergie et de vie. S'il photographie des personnes de tout âge, il s'attarde particulièrement sur les enfants qu'il trouve souvent plus ouverts, plus créatifs et plus expressifs.
Ces photographies pleines de joie visent à montrer l'Afrique sous un prisme positif, pour changer la perception du continent ; "je veux représenter fidèlement ce qui se passe dans nos communauté (...) J’avais le sentiment que le monde ne voyait pas tout le bonheur ou les modes de vie incroyables que nous, Africain·e·s, connaissions.
En grandissant, je me suis rendu compte que la façon qu’avait le monde de voir l’Afrique, que ce soit dans les films, les livres ou les chansons, se résumait de la sorte : 'L’Afrique n’est pas un endroit agréable à vivre. L’Afrique n’est qu’atrocités et chaos'.".  L'artiste s'inspire
L'artiste commence la photographie en 2017, pendant ses études, armé de l'iphone de son père. 

 

 

Thandiwe Muriu, l'ode à la féminité noire (Kenya)

 

 

Thandiwe Muriu est une artiste photographe qui grandit au Kenya dans une famille marquée par l'art, entourée d'une soeur styliste et d'une autre pianiste. Passionnée de photographie depuis son adolescence, Thandiwe Muriu se dédit entièrement à cet art à partir de ses 23 ans. Elle est fortement influencée par les photographies du magazine de mode Vogue, et par les figures féminines qui y sont représentées.
Ses photographies sont des célébrations de la culture africaine ; de ses motifs colorés et graphiques, de ses modèles noirs, et ses coiffures afro naturelles.
Ses photographies sont une ode à la beauté d'une féminité noire, et un hommage aux standards de la mode africaine.

 

 

 

David Alabo, l' "afro-surréaliste" (Ghana / Maroc)

 

 

David Alabo est un artiste visuel installé à Accra au Ghana, produisant des oeuvres 3D, digitales, ou encore photographiques. Il développe une approche qu'il nome "afro-surréaliste" : ses créations mixent des paysages africains à des éléments surréalistes et mystiques. Sa plus grande inspiration vient des peintres surréalistes ou abstraits tels que Dali et Picasso, dont il vient prendre certains codes pour les mélanger avec des codes des cultures africaines.

 

 

David Alabo a beaucoup fait parlé de lui à la fin du mois de mars, pour la vente virtuelle de son oeuvre "Incendie" aux enchères, contre des titres de propriété sous forme de NFT. David Alabo voit dans les NFT une grande opportunité pour faire rayonner l'art africain :  « Les quelques galeries qui existent à Accra ont tendance à rechercher un type d’art et un public très spécifiques. Pour moi qui opère en dehors de ce qui est considéré comme “l’art contemporain ghanéen”, les NFT me permettent d’atteindre des collectionneurs du monde entier. »  L’artiste espère que sa démarche encouragera les talents africains émergents à faire de même.

Angelina Ampofo Asomaning (Ghana), un message d'acceptation de soi 

 

 

Sous le nom d'artiste d'Abena Oyiwaa, l'artiste autodidacte Angélina Ampofo Asomaning s'exprime principalement à travers des peintures aux couleurs vives, représentant des personnes pleines de vie.
L'artiste veut peindre des scènes qui racontent des histoires, s'inspirant principalement des figures féminines et des enfants, de leurs émotions et leur influence sur la société.
A travers différentes figures, l'artiste veut montrer la beauté de chacun, et transmettre un message d'acceptation de soi : de son physique, de ses formes, de ses cheveux, ...

 

 

 

Ahmed Partey, les traditions ancestrales remises au goût du jour (Ghana)

 

 

 

Ahmed Partey est un artiste ghanéen installé à Accra. Inspiré par les masques africains, les figurines africaines et les motifs, son objectif est de les réinventer à sa manière pour refléter une époque contemporaine.
L'artiste combine la flexibilité des supports numériques avec l'originalités des méthodes traditionnelles pour les fabriquer. Il aborde des sujets tels que la religion, l'identité, les connexions entre chacun, et la santé mentale.
Ahmed Partey est aussi l'un des précurseurs et un fervent défenseur des NFT : « La plupart du temps, être un artiste n’est pas vraiment valorisé au GhanaOn entend souvent que ce n’est pas un vrai travail, que le prix de nos œuvres est trop bas pour être vraiment qualifié de salaire. Le copyright est rarement appliqué et le plagiat est aisé. Mais la blockchain peut mettre fin à tout ça. C’est à la fois une manne financière pour les crypto-artistes ghanéens et une garantie que leur travail sera respecté. »